Guide accompagnateur touristique : découvrez la formation avec Yannick

Nous avons trop peu l’occasion de mettre à l’honneur ces personnes qui donnent du sens aux voyages, à la culture, à la découverte. Ces personnes qui nous font découvrir des lieux riches, des endroits magnifiques, tout en nous contant leur histoire. Nous avons donc rencontré Yannick, moniteur et responsable de la formation “Guide accompagnateur touristique” à la MFR de Saint Laurent sur Sèvre, pour découvrir ces métiers.

C’est quoi un “guide accompagnateur touristique” ?

Le guide accompagnateur touristique est une personne qui va accueillir des visiteurs et leur faire des commentaires sur un lieu de visite en extérieur ou en intérieur.

Ils peuvent être autocaristes, c’est à dire qu’ils accompagnent des groupes en autocar, ils peuvent travailler pour un village de vacances ou un hôtel et guider un groupe lors d’un circuit, ou encore faire les guides pour des territoires autour du développement local. Certains s’installent même à leur compte comme “guide accompagnateur touristique” et proposent leurs programmes de visite.

Pour résumer, “accompagnateur” c’est la personne qui va veiller sur le groupe, sur son confort, sa sécurité, des parties administratives, des déplacements, et qui va assurer quelques commentaires en cours d’itinéraire.

Le “guide” c’est plutôt la personne qui va faire des commentaires beaucoup plus construits, fouillés, documentés. 

Pouvez-vous présenter votre parcours professionnel ? 

Après une formation de commercial et des débuts dans l’univers de la grande distribution, je me suis vite rendu compte que ce n’était pas pour moi. J’ai donc fait une courte formation de guide accompagnateur, et très vite je suis rentré dans l’activité professionnelle grâce à une opportunité.

J’ai ensuite longtemps travaillé dans le domaine du tourisme. Principalement comme guide accompagnateur sur des voyages de type randonnées, en France comme à l’étranger, et parfois lors d’accompagnement de cars. J’ai également été responsable d’animation dans une résidence hôtelière, puis responsable du développement touristique pour un territoire rural, ce qui m’a donné une expérience diversifiée aussi bien dans le domaine de l’agence de voyage, de guide accompagnateur, des métiers de l’hébergement, et des métiers du développement touristique local.

Puis, j’ai saisi l’opportunité de travailler dans la formation professionnelle, ce que je fais depuis bientôt 19 ans. J’interviens dans les maisons familiales rurales sur un BTS tourisme aux Sables d’Olonne pour la formation de “chargé d’accueil touristique”. Également à St Laurent Sur Sèvre sur la formation de “guide accompagnateur touristique”.

Le secteur du tourisme vous passionne-t-il  ? 

Le voyage, le tourisme, oui bien sûr ! 

Tout ce qui est en lien avec le rapport humain. Comme l’histoire et la géographie, ce sont des choses qui m’intéressent beaucoup. Et je trouve que mon métier actuel de formateur n’est pas si éloigné que ça du métier de guide accompagnateur touristique, car ce sont des ficelles similaires qu’il faut activer pour intéresser le public.

Quelles sont les qualités recommandées pour ce métier ?

D’abord, être curieux. Toujours vouloir en savoir plus. Avec ces métiers on apprend des choses tous les jours donc la curiosité culturelle est très importante, il faut donc bien se documenter. À chaque déplacement sur un nouveau lieu il faut préparer ce que nous allons raconter.

C’est aussi une certaine facilité d’adaptation face au public reçu (passionnés, scolaire, curieux…) À cela s’ajoutent des capacités relationnelles, un peu d’humour (ça ne nuit jamais) et puis idéalement parler des langues étrangères.

Enfin, la principale qualité d’un guide accompagnateur, qui est d’ailleurs valable pour tous les métiers, c’est l’enthousiasme !

Faut-il nécessairement avoir une bonne condition physique ?

Une bonne condition physique reste tout de même non négligeable, car accompagner un groupe signifie être souvent debout toute la journée, et le soir un travail de préparation si nous sommes en déplacement.

D’un point de vue familial il faut aussi être prêt à s’éloigner de sa famille pour ceux qui veulent entrer dans l’univers du voyage. Autrement, les lieux de visite s’y prêtent bien.

Quels types de formations existent pour faire ce métier ? 

Il existe le BTS tourisme en apprentissage. Pour les métiers liés au guide accompagnateur nous proposons une formation à la MFR de Saint Laurent sur Sèvre. Cette formation a été mis en place par les structures touristiques et par des guides accompagnateurs eux-mêmes. Ensemble ils ont déterminé le référentiel de cette formation.

D’ailleurs, à partir de la rentrée prochaine nous allons proposer une double certification sur cette formation pour obtenir le titre “animateur local de tourisme”. Cette demande a été faite par nos partenaires car il y a une forte demande dans le secteur. Cela créera ainsi une vraie ouverture complémentaire vers les villages de vacances, les campings… On pourra préparer soit un titre, soit l’autre, soit les deux.

En parallèle, ils peuvent se spécialiser dans une discipline qui nécessite des brevets d’Etat dans le domaine souhaité (escalade, plongée…)

Il faut rappeler que nous sommes sur une formation modulable. C’est-à-dire que si quelqu’un est intéressé par la formation et en maîtrise déjà certains domaines, on lui crée un plan de formation sur mesure.

À cela, la formation peut-être prise en charge par les organismes de formation (OPCO) dans le cas des personnes en reconversion professionnelle. Pour les demandeurs d’emploi, elle est entièrement prise en charge par la région des Pays de la Loire.

Comment se compose la formation de “guide accompagnateur touristique” à St Laurent Sur Sèvre ?

On y retrouve des cours généraux : bâtir un commentaire, chercher ses sources de documentation, penser un séjour pour qu’il soit intéressant, calculer son prix, bien doser la charge d’activités et le temps de repos pour contenter tous les participants… On travaille aussi le discours à travers des cours de théâtre, et on fait intervenir des professionnels comme les guides accompagnateurs, des structures territoriales, offices de tourisme…

Concernant les exercices pratiques, nous faisons beaucoup de mises en situation. Par exemple : reproduire une visite fictive dans une salle en recréant les décors, réaliser une visite d’environ une heure organisée sur un site de leur choix, organiser une visite en car avec de vrais visiteurs, présenter une visite guidée en anglais auprès d’un vrai public anglophone, et animer une visite par petits groupes sur plusieurs journées.

Enfin, les élèves ont des stages de deux semaines. Pour la recherche, nous avons un grand réseau de partenaires que nous leur partageons. On les oriente, on leur donne des adresses vers des structures qu’ils ne connaissent pas forcément, ou dont ils n’ont pas les contacts. Autrement c’est à eux de choisir selon leurs aspirations.

Quel est le profil des personnes qui suivent la formation ?

Dans notre formation à Val de Sèvre, il y a chaque année un groupe d’environ 10 à 15 personnes. On peut ainsi évoluer à dimension humaine et les suivre individuellement dans leur projet.

Ce sont principalement des adultes, dans la promotion actuelle ils sont par exemple âgés de 20 ans à 58 ans. Les plus jeunes ont une première expérience professionnelle et qui désirent la compléter. Pour les plus âgés, il s’agit de reconversion professionnelle.

Majoritairement, les membres de la formation s’intéressent beaucoup à l’Histoire et aux relations humaines. Au début les personnes formées étaient de la région, et aujourd’hui on commence à attirer des personnes de plus loin. Poitiers, Blois, Calais…

Suite à l’obtention de leur titre, les diplômés trouvent-ils facilement un poste ?

On a régulièrement des stagiaires où il y a eu des besoins qui sont apparus dans leurs structures et ils y sont restés. Ou alors, les élèves y restent au moins pour une saison d’été puis ça se prolonge par un emploi définitif.

Même s’il peut y avoir une petite interruption pendant l’hiver, au printemps voire au début de l’année suivante, ils trouvent du travail de manière saisonnière ou définitive.

La crise sanitaire a-t-elle eu un gros impact sur ces métiers ?

Il n’y a aucun doute que le covid a eu un effet bénéfique sur le tourisme local. Les structures touristiques, malgré ce que l’on entend souvent, ne sont pas du tout à la peine. Chez les touristes, des envies sont nées de re-découvrir leur territoire plutôt que de partir plus loin. Ils y ont vu un réel potentiel.

L’offre s’est donc développée dans ce domaine là et actuellement, sur notre département par exemple, les structures recherchent du monde de manière intensive. Il y a des besoins de personnel un peu partout.

À l’international il y a moins de demande car les agences de voyages vont plutôt faire appel à des guides locaux. Ils sont originaires de la destination, ils parlent donc la langue locale et ont souvent l’avantage de coûter moins cher (transports…).

Que pensez-vous de l’avenir de ces métiers ?

Pendant longtemps on a basé les visites sur des médias plutôt numériques (visites sur téléphone, audioguides…) alors que le média humain est en train de reprendre le dessus.

C’est beaucoup plus intéressant de suivre une visite avec une vraie personne qu’avec un audioguide qu’on écoute pas forcément durant toute la visite. Le guide humain, lui, est passionné, s’adapte au groupe, répond aux questions et est capable de comprendre votre intérêt pour telle ou telle dimension du sujet.

Ça amène vraiment autre chose. Il y a de grandes perspectives de développement, les territoires sont d’ailleurs très à l’affût de cela.

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Christophe
Responsable communication de l’Union Nationale des MFR, Christophe a d’abord été moniteur au sein de plusieurs Maisons. De cette époque, il garde l’envie de se dépasser, de progresser et d’avancer pour offrir aux jeunes un avenir radieux.

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